vendredi 27 février 2009

KITTY, DAISY & LEWIS

Chouette, leur album est à nouveau dispo!

Tandis que le mouvement « underage » fait le bonheur des professionnels de la musique et des ados lookés, une fratrie londonienne sort enfin du lot. Kitty, Daisy et Lewis Durham, 15, 20 et 18 ans respectivement, semblent plutôt jouer pour leurs grands-parents, voire arrière-grands-parents, que pour leurs contemporains. Passionnés tant par la musique populaire américaine ; blues, country, R&B, rockabilly, folk, surf ou jazz, que par les techniques et le matériel d’enregistrement des années 40 à 60, les petits ont enfermé tout ça dans leur cabane avec, bien sûr, des talents de musiciens hors du commun. Le résultat est époustouflant ; bonnes vibrations, sons chauds, voix sensuelles. Un très bel hommage, et qui groove, ce qui ne gâche rien.

mercredi 11 février 2009

REVENGE OF THE SUPER FEMALE RAPPERS!


FLY GIRLS

B-Boys beware : Revenge of the Super Female Rappers ! nous prévient la cover de la nouvelle compile de chez Soul Jazz Records, le label le plus crédible quant il est question de compiles d’inédits et de rééditions de titres old-school, black plus particulièrement. Cette excellente compilation dédiée aux rappeuses offre un sans faute tant historique qu’artistique. De Lady B, la première femme à enregistrer un single rap en 1979, à la star internationale Missy Elliott en passant par les MC’s féminins indépendants les plus respectés des 90’s comme Bahamadia ou Queen Latifah, SJR n’oublie pas de dépoussiérer quelques talents oubliés. À une époque où la femme dans l’imagerie hip-hop est souvent réduite à une potiche (c’est un euphémisme), Soul Jazz rappelle qu’un mouvement contestataire comme le hip-hop ne pouvait que séduire des femmes ayant des choses à dire, et pas uniquement sur leur condition sociale, leur sexe ou leur couleur. Ces nanas qui n’ont pas leur langue dans leur poche nous font savoir qu’une musique, presque aussi vieille que le punk, devait aussi compter sur elles pour construire un édifice culturel de cette ampleur.



lundi 9 février 2009

L'hippopotame ratatiné et le pique-boeuf agonisant.

Bruce Springsteen et John Mellencamp

Il faut bien l'avouer; j'ai toujours aimé le rock ricain pur et dur. Les tubes surproduits, les refrains enlevés, les riffs glorieux, les voix surmixées, les solis léchés, les choeurs féminins qui font ouh ouh. Tom Petty qui fait danser nos pères, Hold Steady qui fait que c'est toujours notre première cuite et notre première baise ratée, Rod Stewart qui reprend les plus mainstream des rock anthems comme si les siens ne suffisaient pas... Les hymnes ont toujours du bon, avec ou sans le recul européen de bon aloi, ils finissent toujours par se découper un petit quartier d'éternité, mettant du baume au coeur à Philippe Maneuvre (même s'il est obligé de dire que les Plasticines c'est mieux, chacun sa croix) comme au pequenot du fin fond du Texas.
C'est dit.
Mais quand même, il y a des limites.
Des limites à respecter. Même quand on est le demi-dieu vivant du rock de stade, l'Alexandre le Grand des ondes radios, le copyright de la musique populaire américaine, l'Elton John de Barack Obama, même quand on s'appelle Bruce Springsteen. Surtout quand on s'appelle Bruce Springsteen. Nom d'un chien quand on est le Boss on ne commence pas son 24ème album par un pathétique emprunt à Kiss. Par pitié. Il est des choses qu'on a le droit de faire quand on est des punks et qu'on s'appelle Arton Wall mais qu'hélas il n'est plus permis de faire quand on a accouché de Born In The USA.

Bref, reste ce "Working On A Dream" dont on ne sait trop que faire. Pas un disque vraiment raté. A vrai dire dans la discographie récente de Springsteen même le peu convaincant The Rising offrait son chapelet de bons morceaux (le tubesque Further Up On The Road, un Nothing Man dans la veine de Nebraska, l'augural Counting On A Miracle) tandis que les Seeger Sessions étaient un petit chef d'oeuvre à part entière et que l'avant-dernier Magic était un très bon album du Boss avec l'E-Street Band, voire notre newsletter no.8. Mais ce nouvel album arrive trop tôt pour être artistiquement crédible, est bourré de platitudes bien-pensantes, d'auto-parodies et de fautes de goût, parfois les trois à la fois. C'est dur. Et on ne parle pas de la pochette. Et en plus la production est tellement léchée que les rares coups de maître du maître disparaissent sous le goût des exhausteurs de saveur périmés et surfaits du pourtant très compétent O'Brien.

Dommage pour Bruce. Les fans l'achèteront quand même les yeux fermés et c'est pas moi qui leur jetterai la pierre. Car pour un fan 2-3 bons morceaux suffisent à sauver un album. Et l'honneur est sauf ici. Grâce au bluesy, stonien et crasseux Good Eye qui ne va nul part et ne veux rien dire. A l'évident Working On A Dream. Au sympathique What Love Can Do. Et à l'efficace Lucky Day, qui, en matière de rock anthem, aurait suffi. Sans être inoubliable, il remplit son rôle de tube vendeur, mais par là même souligne l'inutilité du reste de l'album. Les deux morceaux bonus, plus folk et minimalistes, rappellent d'abord qu'artistiquement c'est ce que Springsteen fait de mieux, qu'il a vraiment une voix, une guitare et un discours mais aussi que si le répertoire du songwriting de bon goût peut s'étendre ad eternam ce n'est pas vraiment le cas de celui du rock épique.

Du coup si le Boss voulait par cet album prématuré combler le vide créé par le retrait en masse de ses fans républicains m'est avis que c'est raté. Cela dit les comments de ceux-ci sur son site valent vraiment le détour. Il ferait mieux de rééditer Nebraska et Ghost Of Tom Joad en vinyl et de viser les jeunes générations qui se pâment devant Devendra Banhart, faute de mieux. Free advice, Boss.


Ceux d'entre vous qui m'ont suivi jusque là, bravo, et qui justement préfèrent ces deux albums risquent fortement de préférer le nouvel album d'un autre papy du rock ricain canonique. J'ai nommé John "Cougar" Mellencamp et son splendide "Life Death Love And Freedom"

Bon, je vais pas vous faire l'historique de John Mellencamp, sorte de Springsteen raté qui a toujours essayé très dur mais n'y est jamais arrivé vraiment. Et sur qui l'ignoble industrie du disque à fait peser le poid de toutes ses crasses les plus ignobles, comme lui imposer un nom d'artiste ignoble, le signer sur une major ignoble pour le dégager d'un manière ignoble, et j'en passe et des glorieuses. Il fut la risée de la presse lorsque ces albums étaient dans les charts, et dédaigné du public quand la critique reconnut enfin ses aptitudes d'auteur-compositeur-chanteur américain pur sucre. Il faut dire aussi que Mellencamp est un peu un loser, d'abord avec cette volonté affichée de faire exploser le billboard, de prendre la place des grand alors qu'il débarquait de nulle part, puis avec cette prise de position anti-branding brandie à côté de toutes les causes démagos qui font bien dans le press-book et dans les petits papiers de Bono, pour finalement être balayée par un morceau de synchro pour une pub télé.

Bref tout ça fit que le petit John s'il atteint une certaine audience, et un statut potable sur l'Olympe des Dieux du Stade, dans son pays ne traversa jamais complètement l'Atlantique pour convaincre des Européens ou trop malins ou trop pointilleux sur l'authenticité des rockstars proposées pour l'accueillir les bras ouverts. Ainsi, pour ma part, j'étais passée à côté et, en écoutant ses vieux tubes, même si j'aime bien ça, je me dis pas que j'ai raté un truc vraiment indispensable. Alors que si je découvrais Springsteen maintenant je ne serais sans doute déjà plus là pour découvrir Springsteen maintenant, ahem... Bref. Première différence entre l'hippopotame et le pique-boeuf. 2ème : la classe. 3ème : la souffrance. 4ème : l'entourage. Et c'est ces deux dernières qui vont nous intéresser ici. Car c'est la souffrance et l'entourage du brave John qui font de ce disque, au titre par vraiment permis non plus, une petite merveille à ne pas snober.

La souffrance d'abord. La souffrance presque standard des classes laborieuses, la maladie, la rébellion adolescente et l'hyppopotamesque and for my 19 birthday i got a union card and a wedding coat vécu deux ans plus tôt. La souffrance non moins standard de l'artiste dénigré, du jeune homme floué, l'amertume, les regrets. Le temps qui passe. La honte. Les échecs qui entachent ce qui aurait du être une carrière. La vieillesse. Bon, finalement je vous ai quand même fait un semblant de biographie du bonhomme. Mais c'est vraiment ça qui explique la qualité de cet album. Ces textes désenchantés. Cette fureur fatiguée. Ces sombres accords mineurs (sans blague). Bref, ce grand disque de songwriting touchant.

L'entourage ensuite. Qui se résume en un nom T-Bone Burnett. Oui, lui. Celui dont on vous parlait déjà en même temps que de Magic, no. 8 encore, celui qui a fait ça Et qui donc a produit ce somptueux Vie Mort Amour et Liberté. Le vieux aux 28 oreilles et aux 240 doigts, le génie du sombre, du vrai, du triste. Son touché fait fondre tous le pathos de Mellencamp, rend à ses morceaux leur profondeur, en y ajoutant une ligne de slide par-ci, des backing à la Harris (Emmylou pas Deborah) par-là, une rythmique bluesy crasseuse quand nécessaire, un poil de Hammond pour le brillant ou alors rien de plus qu'une guitare desséchée quand la substantifique moelle s'impose d'elle-même, notamment par son phrasé tout springsteenien, tiens...

Bref. Je vous recommande cet album. Chaudement. J'insiste.

Et maintenant que j'ai battu Nangijala au concours de longueur de post, je vais aller me coucher en adressant ma prière au Bon Dieu du Rock.
"Merci Seigneur pour tous ces vieux qui font des bons disques.
S'il te plaît fait vivre T-Bone Burnett trèèèès longtemps.
Comme ça, quand le Boss sera vraiment vieux, il pourra le sauver de lui-même.
Oui comme Rick Rubin l'a fait pour Johnny Cash. Oui.
Merci Seigneur.
Et laisse Brendan O'Brien s'occuper de Mastodon plutôt.
Amen"
e-

jeudi 5 février 2009

Arrivages et restockages 1.2

En rock cette fois...

Le nouveau ENABLERS "Tundra" ou l'étrange rencontre du bruit, du rock et de la déclamation. Malin et magique. On attend de pied ferme le nouvel album de BEIRUT, qui ne saurait tarder. Les nouveaux ANDREW BIRD "Noble Beasts" et LONEY DEAR ."Dear John." sont quant à eux arrivés à bon port. OMAR RODRIGUEZ LOPEZ aussi mais il se sent un peu seul (ha, ha, ha).

En hard qui dépote on a fait un petit réassort de récent et d'un poil moins récent, à savoir, entre autres, US CHRISTMAS, 16, MENACE RUINE, BLACK ELK, HEY COLOSSUS, HARVEY MILK (des singles dont vous nous direz des nouvelles...), SAVIOURS, ROADSAW, CANNIBAL CORPSE, CATTLE DECAPITATION et le tout nouveau DALEK, non c'est pas du hard mais c'est tout comme!

Et on a de nouveau du THESE ARMS ARE SNAKES, BRONX III et les vieux BLACK KEYS, le meilleur duo de la terre. Le NAPALM DEATH quant à lui suit lentement mais sûrement les incompréhensibles méandres des réseaux de distribution (où quant il ne fait pas bon être distribué par une major incompétente, là, c'est dit!)

Voilà, de retour sous peu avec de vraies chroniques, là c'est un peu du foutage de gueule je vous l'accorde mais, hélas, 4 oreilles et 4 mains ça fait pas beaucoup pour digérer tout ce qui sort ces jours...

Shelving IMIHS




Cet enregistrement
a été mis sur pied en trois jours, dans la grange d'une veille ferme ouverte aux quatre vents sur la commune des “Enfers” dans le Jura suisse. IMIHS est un mot gravé sur le côté droit de la maison, on en saura pas plus. Shelving souhaitait s'isoler quelque jours, afin de créer une dynamique et un contexte particuliers d'enregistrement live: “
un moment où l'on a voulu mettre sur la table nos idées et les enregistrer. Sans passer des semaines à overduber ou à tourner les morceaux dans tout les sens”. Le résultat est extraordinaire: Un empilement de couches de claviers grandiose. Des accumulation de pattern sur pattern poussant à l'angoisse, au tourment puis à une épiphanie soudaine, une illumination quasi chamanique. Comme si a lumière courait sur les claviers prise d'élan mystique. La réalité de la musique n'en est plus une, du moins il semblerait qu'il nous est présenté de nouvelles dimensions inouïes au travers de cinquante minutes de lumière ocillante, de phare hypnotique. Après, ce fut le noir.



sortie chez Division Records début mars

Quelques petits arrivages chouettos 1.1

En rap d'abord...

DÄLEK "Gutter Tactics" DÄLEK "Gutter Tactics"DÄLEK "Gutter Tactics" DÄLEK "Gutter Tactics"DÄLEK "Gutter Tactics"DÄLEK "Gutter Tactics" DÄLEK "Gutter Tactics" DÄLEK "Gutter Tactics"

Le flambant neuf ILLA J "Yancey Boys" produit par vous savez qui qu'on va vraiment commencer à se demander s'il est vraiment mort et pas dans un studio d'enregistrement quelques part avec Big L et B.I.G... Si si lui-même Jay Dee AKA J Dilla, l'heureux fils de son heurseuse mère. En version instrus également.
Le tout aussi flambant "Who Is This Man?" de JOHN ROBINSON, produit par l'autre mec qui ne se tarit jamais bien vivant derrière son masque, Master Metal Finger DOOM.
Ainsi que LE PACEWON presents TEAMWONINC et le FREESTYLE VERSUS WRITTEN de C-RAYS WALLZ et KOSHA DILLZ
Les Beats Konducta 5 et 6 de Sieur Madlib, réunis sur un seul cd.
A noter également qu'on a à nouveau le dernier SCARFACE "Emeritus" dont la prod doit faire palir tous les sus-mentionnés. Epaisse, lourde et ciselée comme on en rêvait même pas.
Et, pour ne pas laisser les britons en reste une excellente compile de chez TruThoughts, avec des super titres des Bamboos, de Quantic, de Hint et de toute la finnaude écurie.
Du côté suisse on vend à présent l'improbable mixtape "évolution" du tout autant improbable ROBERT ROCCOBELLY, "Du Singe Au Dauphin", tout un programme... Et on a reçu une fois de plus le GAMBI "Vieux Gamins" qui fait exploser les charts des auto-prods lausannoises. Bravo!

samedi 31 janvier 2009

Le rap suisse n'est pas mort, lui. 1.1

Tandis que Booba semble avoir perdu sa verve sous des couches de vocoder à la T-Pain et des prods à la TTC last period. Que le rap malin ne se vend plus qu'accompagné de musiciens jazz, que les revendications de tout genre se sont depuis longtemps transformées en lieux communs bien-pensants et vomitifs. Alors qu'il faut creuser de plus en plus profondément les réseaux de distribution français pour trouver des disques de rap de qualité. Que même la Rumeur qui signe chez EMI en pensant vendre plus voit ses albums distribués en France uniquement. Produit non-exportable. Alors quant à faire occupons-nous de ce qui se passe chez nous. Car il s'en passe, des choses.Pour une fois on va pas vous parler d'un disque mais d'un concert. En espérant que sous peu une chronique d'album sera possible...

Hier soir dans les murs du Romandie, un public des plus éclectiques eut le droit à sa première baffe hip-hop de l'année. Et la baffe en question ne fut pas donnée par une bande de jeunes noirs des suburbs de Detroit, ni même d'une banlieue parisienne... J'ai nommé les Lausannois La Gale et Rynox.

Un mec et une nana, qui se passent le crachoir avec une dextérité décomplexée. Un public acquis en un morceau sans pour autant se voir obligé de faire la moitié du show lui-même comme c'est trop souvent le cas dans ce genre de concerts. Un vrai DJ qui ne se contente pas de balancer des instrus entre deux cannettes. Des vrais MC's attentifs au public, en phase, qui se passent de set-list comme des usuelles mais gênantes minutes dédiées au démélage des cables micros. Des beats variés de toutes provenances, du massif violonu à l'absrtact aux rythmes syncopés en passant par l'électronique new-school accéléré. Des flows habiles qui s'adaptent sans un hoquet aux variations de BPM. Des textes malins et un humour à toute épreuve qui ne versent jamais dans la superficialité ni dans la parodie de la parodie de la parodie... Des messages directs qui atteignent leur but comme un poing dans ta face, loin des euphémismes et la sur-narrativité si chère au rap français depuis ses débuts. Pas d'histoires de gamins qui traînent dans des cages d'escaliers ici, mais des faits, des haines et quelques rêves qui ne s'embarrassent ni de détails ni de métaphores. Bref un rap politique, virulent et dénonciateur qui nous rappellent, une fois n'est pas coutume, que c'est ça le rap. Aussi. Surtout. Et que, débarrassé de ses clichés, il arrive encore parfois à son but ultime.

Bref une affaire à suivre.
La Gale
Rynox

samedi 17 janvier 2009

NEWS

Cette fois ça y est c'est la rentrée, on commençait un peu à s'ennuyer malgré les Fleshtones qui sortent des chants de Noël enregistrés pour leur (petits) enfants... Les news et les buzz de tous bords pleuvent enfin dans nos bacs. Petit tour d'horizon.

De quoi passer la fin du mois au chaud avec un nouvel EP (extended play, si, si ce format qu'on croyait oublié mais qui revient au goût du jour) du jeune songwriter BON IVER (prononcer Bon Hiver, c'est plus chic) Blood Bank soit 4 jolies chansons de haut vol chez le lumineux JagJaguwar. Pour les oreilles plus sophistiquées on vous recommandera plutôt le nouvel album d'ANTHONY & THE JOHNSONS, toujours aussi fin, il continue sa quête identitaire sur fond de piano et de cordes, sa voix haut perchée ne cesse de faire frissoner là où il faut. Dans la même veine du bain, du whisky et de la neige sur les sapins c'est non sans une certaine impatience qu'on attend le nouvel album de l'odieusement ignoré PHOSPHORESCENT qui devrait sortir à la fin du mois. Allez déjà juger de l'originalité et du talent du bonhomme ici. Et en plus rugeux vous aurez le droit à un nouveau WILLIAM ELLIOTT WHITMORE qui passe à la vitesse supérieure et sort son cinquième album solo chez Anti. Animal In The Dark est prévu pour le 17 février. Comme quoi la persévérance fini toujours par payer... Ce qui est également le cas d'ANIMAL COLLECTIVE à tel point que leur nouvel album est déjà en rupture de stock en suisse. Ou quand le buzz buzz...


Les plus boulus d'entre vous se réjouiront d'avantage de la sortie du nouveau 16, enfin proprement distribué, le bien nommé Bridges To Burn. Epais à souhait, gueulard, énervé, gras et malin. Cela fait bientôt 15 ans que les californiens tabassent les élites du hard de tous bords et il est grand temps que leur metal efficace, sludgy et défoncé, qui lorgne du côté des grands du passé, Black Sab, EyeHateGod comme Slayer ou Napalm Death, vienne se poster aux côtés des grands de notre temps Mastodon, Gojira ou encore High On Fire. HIGH ON FIRE qui par ailleurs vient de sortir un album live enregistré en 2003 au Relapse Contamination Fest. Si ça sent pas la fin de contrat ça... Anyway ça sonne comme la bière et c'est plein de vieux titres que le trio ne joue plus guère en concert. Pour ce qui est des lives on attend de pied ferme celui de nos petits chouchous britons de FUTURE OF THE LEFT (les ex-McLusky) Last Night I Saved Her From Vampires. On l'a pas encore ouï mais les meilleurs d'entre vous n'ont pas oublié les monumentales performances de ce trio fantastique. On cite une fois encore Falco, le parolier de la décennie : Hide your dreams from capital Everybody needs to eat Even dogs and customs men Suddenly these ostriches Do not seem so interesting Now we are not worthy of tans Open wide for - sudden folk songs Open wide for - certain doom.... Rhâââ! Bon d'accord, j'arrête.


En electro, les deux nouveautés françaises du moment sont dûes à des artistes de talents, malheureusement un peu entravés par toute la hype fluo dans laquelle leur pays se vautre depuis maintenant trop longtemps. Si Manual For Succesfull Rioting est un bon album d'electro on regrette un peu que BIRDY NAM NAM préfèrent prendre Justice comme guest plutôt que leur sbonnes vieilles MK2 qui se font très discrètes ici. C'était mieux avant? L'autre mystère de la rentrée est le retour de MR. OIZO qui sort un bon album dance-floor malin avec un artwork des plus sympatique bourrés de références culturelles de derrière les fagots. Quant à nous les machines on les apprécient davantage sombres et dégueulantes et on trépigne déjà à l'idée d'un nouveau DÄLEK qui devraient rejoindre sous peu Matt Elliott et Portishead dans la catégories des meilleurs albums pour s'ouvrir les veines tous ensemble dans la joie et la bonne humeur! On attend également les anglais touche-à-tout de THE QEMISTS et leur rap-grime-dubstep-ragga ludique et leurs multiples invités de luxe (le Général Patton, Wiley,...) Pour les puristes un nouveau EPMD vient d'arriver, ainsi que l'excellent retour de ZION-I on attend plus que le nouveau UGLY DUCKING pour une rentrée hip-hop en bonne et due forme.


C'est tout pour l'instant, mais voici, en vrac, quelques trucs à venir en février dont vous reparlera en tant voulu. Beirut, Emily Loizeau, Alela Diane, Handsome Furs, Thursday, M.Ward,...

Pour conclure il s'agit de féliciter nos potes d'ÄRTON WALL pour leur excellentissime 2ème album Marmelade Jacuzzi qui rock à mort, sonne à mort et... vend à mort! 30 albums en 3 semaines juste chez DAB c'est un bon score! La sortie officielle et mondiale est fixée au 24 janvier, date de leur vernissage au Romandie, ainsi que du premier album de leurs potes de Feuerzeug, ne les ratez sous aucun prétexte. On les aime, vous les aimerez aussi!





samedi 10 janvier 2009

forthcoming...

rôh putain !

2009 sera une grande année rock... à peine quelques jours de janvier glacial & que de bonnes nouvelles déjà... jugez plutôt les futurs albums qui vont cartonner cette année: MONO, THE APPLESEED CAST, EARLY DAY MINERS, SOPHIA, ...

et surtout "spring tides" de JENIFEREVER prévu pour avril, dont voici déjà l'alléchant tracklisting:

Green Meadow Island
Concrete And Glass
Ox-Eye
St. Gallen
Nangijala
Sparrow Hills
Lives Apart
The Hourglass
Ring Out The Grief
Spring Tides

... ces jeunes suédois ont vraiment la classe. difficile d'accepter qu'ici personne ne semble s'y intéresser... ? c'en est incompréhensible ! seule une pincée de "sales fans" les considèrent comme les nouveaux CURE avec tous les trucs modernes cools, du style: la prod' irréprochable (jamais guitare n'aura sonné aussi belle), une voix forever young, des instruments vintage à pleurer de collectionnite aiguë, des jeans tout serrés, des bras décharnés, des lunettes de geek, une batterie gretsch, des envolées lyriques post romantiques, des paysages sonores de toute beauté, des paroles qui sonnent tellement JUSTE, des mélodies imparables... bref. the next big thing in the small world of your heart & soul & ears. ici, c'est le disque le plus attendu depuis si longtemps... rarement patience n'aura été autant sollicitée. alors à bientôt en nombreux exemplaires chez votre disquaire favori ; yes, we can...

http://www.myspace.com/jeniferever
http://www.youtube.com/watch?v=Y35kAIQx2iY&feature=related

... last but not least, sont vivement recommandés à DàB les ouvrages rock des éditions "camion blanc". malgré encore quelques petits détails tels que fautes d'orthographe ici ou là, il faut avouer que les titres proposés sont de plus en plus intéressants. 2 ouvrages indispensables sur JOY DIVISION, "histoire d'une vie - touching from a distance" de deborah curtis et le tout récent passionnant "ian curtis - l'âme damnée de JOY DIVISION" par mick middles et lindsay reade. eh oui, à dàb, on ne trouve pas que des disques et un monsieur le pied sur le comptoir lorsqu'on fait péter CLUTCH et les CLASH - mais aussi des livres qui parlent de disques - et y en a quand même parfois des vachement bien !!! du genre de ceux que tu emmènes même aux toilettes parce que c'est agréable et favorise aussi le transit intellectuel...

bonne année !!!

jeudi 8 janvier 2009

En attendant les news...

Au magaze on écoute une excellente réédtition parue chez l'excellent Light In The Attic (Rrrrah Black Angels)

RODRIGUEZ : Cold Fact


Trésor caché et dépoussiéré enregistré en 1969, l'année de... Bref, l'Année.
Entre un Bob Dylan moins pleurnichant et un Arthur Lee moins perfectionniste, encore plus volatile que Townes Van Zandt, Rodriguez enregistra ce qui devait devenir un classique du folk psyché qui cartonna surtout en Afrique du Sud à l'époque. Le bougre n'en sut jamais rien et abandonna la musique pendant près de 40 ans, avant d'être redécouvert par quelque journaliste au bon goût. Voilà pour l'annecdote. Pour ce qui est de Cold fact et bien c'est une petite merveille de rock engagé et gouailleur, la prod est exceptionnelle, traversant les décennies sans prendre une ride. Des instrumentations dues à quelques maîtres de la Motown, des choeurs discrets et sections de cuivres alternent avec des morceaux plus bruts, dans la pure veine du folk-blues rugueux aux distortions diverses. Bref un grand monsieur de la chanson devant lequel s'inclinnent à l'unisson tant les Black Keys que Nas ou Robert Wyatt. Et les pauvres petits commercants lausannois par la même occasion.

mardi 6 janvier 2009

Top 10, résumé (on va pas y passer l'année, non plus...)

Donc le top 5 du patron :

1) Black Mountain : In The Future
2) The Black Angels : Directions To See A Ghost
3) Pontiak : Sun On Sun
4) Sludge : Lava
5) Young Widows : Old Wounds

Et le top 10 (soyons fous) de la patronne :

1) Black Mountain : In The Future
2) Harvey Milk : Life... The Best Game In Town
3) The Sword : Gods Of The Earth
4) Thalia Zedek Band : Liars and Prayers
5) Woven Hand : Ten Stones
6) Russian Circles : Stations
7) Portishead : Third
8) Sludge : Lava
9) Vordul Mega : Mega Graphitti
10) Impure Wilhelmina : Prayers And Arsons

dimanche 21 décembre 2008

blue orchids


... Soft light pours into the room
Fingers glide over my face
her voice speaks, her figure moves
How could I walk these old dim halls again
How could I leave this room tomorrow...
mark kozelek

SUN KIL MOON - APRIL

lorsque je découvre "songs for a blue guitar" oublié (à dessein ? signe du destin ? là, j'aimerais y croire !) dans un bac à occas' de la placette, c'est le coup de foudre immédiat. tout sonne juste. j'avais besoin de ça. il fallait que je passe par les premiers accords de "have you forgotten", par le picking et les feedbacks immensément nostalgiques de "trailways" et la reprise de "all mixed up" des CARS aux allures d'hymne pour tous les célibataires qui font vraiment de leur mieux alors qu'on finit toujours par ne rien comprendre aux multiples tergiversations féminines... bref, c'est l'amour fou pour mark kozelek et sa musique: enfin une relation saine ! :-P un amour inconditionnel. sans la moindre déception.

n'avez-vous jamais découvert sur le tard un artiste cité partout comme une référence absolue ? mais si ! vous devez savoir comme c'est jouissif, quand on n'arrive pas à se détacher d'un album alors qu'en fait du coup il n'en reste juste qu'une petite dizaine à découvrir... ça, c'est la boulimie du mélomane ! jouissif ! on plonge dans l'étalage de tubes de la "retrospective" de 4AD, on prend la double-baffe-ultime avec les albums "rollercoaster" et "bridge"... et le virus gagne du terrain à la Vitesse grand V... en fait, plus qu'AMERICAN MUSIC CLUB ou SMOG que je n'ai jamais tellement écoutés, c'est quand même, faut bien l'avouer, le songwriting de robin proper-sheppard qui m'y a progressivement conduit, au hasard d'une chronique alléchante pour le coeur solitaire que je suis... toutefois, il s'avère aujourd'hui que les derniers SOPHIA m'ont plutôt déçu, à part que c'est quand même toujours "bonnard" (pour reprendre cette expression détestable de notre clique lausannoise - putain, variez voir un peu les épithètes !!!), tandis que mark kozelek m'accompagne presque tous les jours. OUI ! que ce soit sur le double live "little drummer boy" (chef-d'oeuvre absolu de songwriting intime où le grand monsieur se plaît à réorchestrer la plupart de ses vieux titres) ou avec ses douces reprises de MODEST MOUSE ("tiny cities"), pas un jour ne passe sans 2-3 chansons d'el koz...

alors voilà où je veux en venir, en ce dimanche matin glauque, avec son lot de bronchite & de nuages gris, ne cherchez plus dans tous ces tops de fin d'année de merde, faites-moi confiance une fois de plus et prêtez donc une oreille (si ce n'est pas déjà fait, of course !) au magnifique "april" de SUN KIL MOON. c'est une oeuvre dense, qu'on appréhende petit à petit et qui se révèle au fur et à mesure, comme sait si bien le faire la plupart des grands disques (tenez, même si ça n'a presque rien à voir, l'autre jour je me suis repassé "slip" de QUICKSAND en boucle et me suis sérieusement demandé si finalement dieu existait...) - si l'on retient difficilement les quelques discrètes apparitions de ben gibbard et will oldham, c'est surtout parce que les paroles de mark kozelek sont empreintes d'un lyrisme rare, où chaque détail retient notre souffle, tant on y retrouve à coup sûr une sensation oubliée, du déjà vu. c'est aussi ça qui me choque ; cette faculté à saisir un visage, un paysage à immortaliser, en quelques mots. mark nous raconte des histoires, entre fiction et autobiographie. nous sommes saisis par son mal du pays ("tonight in bilbao"), sa sérénité malgré la mort d'un proche ("harper road"), son empathie pour celles et ceux qui souffrent, cachés dans leurs chambres de san francisco l'embrumée ("lucky man")... non, ne riez pas, je l'imagine tout à fait, cette reprise de maxime le forestier, "it's a blue house on the cliff..." - pourquoi pas, hein ? et puis, même si tu n'aimes pas sa voix traînante, comme anesthésiée, je crois que tu es quand même obligé de reconnaître que les compétences guitaristiques du monsieur sont hors du commun: virtuose du picking à la NICK DRAKE, c'est aussi en digne héritier de NEIL YOUNG que mark kozelek envoie du bois avec des rock anthems dignes d'une longue virée à travers la californie... il fallait les voir, ces quatre gaillards, partir en solo prog sur la scène de "la maroquinerie" à paris, électrisant un "river" que le cheval sauvage n'aurait jamais pu renier ! toutefois, si je ne devais garder qu'un seul morceau de cet album, ce serait "blue orchids" que je choisirais sans détour... ici, rien à voir avec THE WHITE STRIPES ! juste une voix, cet instant hors du temps, juste après les larmes, deux guitares bouleversantes, légèrement hispaniques, comme un couple qui danserait dans la lumière du soir. c'est une élégie. un tendre poème d'amour à celle qui est partie trop tôt, katy, 30 ans et des poussières, la muse éternelle, inspirant bon nombre de ballades sur les autoroutes de jadis, où une silhouette indistincte semble virevolter à l'horizon, comme une robe en été...

j'ajouterais également que 2008 a particulièrement enchanté tous les fans de mark kozelek. en plus de ce nouvel album studio, un livre "nights of passed over" compilant tous ses textes, ainsi que trois disques rares, collections de prises live et autres morceaux oubliés ("nights", "7 songs belfast" et le p'tit dernier "finally"), je suis aux anges de l'ouest américain. et toi alors ? encore combien de temps avant que tu t'abandonnes enfin au plus parfait des envoûtements ?...

=f=

ps: cela faisait longtemps que je voulais écrire cette chronique. mais, maintenant que c'est fait, j'ai quand même beaucoup de frustration. j'aurais voulu dire d'autres choses, être plus concis, rendre hommage avec davantage de subtilité... m'enfin, fallait bien que je me lance, non ?!? en conclusion, tout simplement: la musique de mark kozelek a changé ma vie et je suis heureux de pouvoir l'écouter et la partager avec toi, à chaque fois que j'en éprouve l'envie ou le besoin. un artiste rare.

joyeuses fêtes. au revoir, à bientôt.

=f=

http://www.caldoverderecords.com

jeudi 18 décembre 2008

Chic, c'est le moment de faire des top 5, number two

No 2 d'éline

HARVEY MILK Life... The Best Game In Town


Bon déjà, c'est le meilleur titre d'album de l'année, voire de la décennie, voire de tous les temps.
Ensuite c'est le groupe de rock le plus injustement snobé de la terre. Et c'est vraiment dommage qu'il ait fallu l'enrôlement de Joe Preston pour qu'enfin presse, labels et fans se décident à les tirer de l'obscurité totale pour les placer dans une semi-pénombre humide. Où ils sont d'ailleurs comme des poissons dans l'eau. Entre chants sacrés éthérés, lourdeur apocalyptique riffs dissonants qui badigeonnent les murs de sang et rythmique nineties cradingue, on retrouve également une chouette dose d'humour et de dérision, ainsi l'hommage distordu et à peine audible au Velvet à la fin du premier titre ou l'improbable cover du générique des Looney Tunes qui clôt le disque... Bref cet album de la bande à Tanner représente, à mon humble avis, le sommet de ce que le rock lourd et décadent peut faire de mieux en l'an de grâce 2008. Entre sludge, punk, noise et americana ces messieurs là vont très loin, très haut (ou très profond plutôt) sans prétention et sans electronica barge ni claviers seventies. La classe sur disque, la baffe en live. Un groupe de rock quoi.



No 2 de téo

PONTIAK Sun On Sun



PONTIAK......LE MEILLEUR NOM DE GROUPE OU Y A PAS BLACK ( BON... ILS AURAIENT PU S'APPELER BLACK PONTIAK .... !?!?! PLUS JOLI SI C'EST UNE VOITURE? ) OU RED PONTIAK ( PLUS LOGIQUE SI C'EST UN INDIEN ) MAIS PONTIAK EST UN TRIO !!!!!! UN TRIO !!!! ....LA FORMULE MAGIQUE DU ROCK'NROLL, ET ...EN BONUS, CE SONT DES FRANGINS, QUI PLUTOT QUE DE FAIRE DU GOSPEL ( COMME TOUTES LES FRATRIES DE BONS GARCONS ) PREFERENT PRENDRE DES DROGUES, A LA RIPONNE C'EST NUL, MAIS DANS LE ROCKNROLL C'EST PLUTOT CONSEILLE, (SOPHIE HUNGER PREFERE L'OVOMALTINE PAR EXEMPLE) , SURTOUT SI ON LES MET EN MUSIQUE ... (SAUF PINK FLOYD).... DONC PONTIAK AU FINAL C'EST NEO-PSYCHE-STONER ET C'EST DU MEILLEUR GOUT.